En combinant fuites de données et attaques ciblées, ils orchestrent des fraudes de plus en plus massives.
Comment s'en protéger ?
Les principales techniques de piratage
Phishing (hameçonnage)
Des emails et SMS usurpent l’identité de votre banque, d’EDF ou des impôts pour vous inciter à saisir vos identifiants sur un faux site.
- Quishing :
- l’hameçonnage par QR code ;
- Arnaque au colis piégé : des QR codes malveillants envahissent votre boite aux lettres ;
- Courrier de l'Assurance maladie avec QR code à scanner : attention à cette arnaque qui cible les boîtes aux lettres ;
- "Un QR code dans la boite aux lettres : la nouvelle arnaque à la mode"
Smishing et vishing
Phishing par SMS ou appel vocal, pour extorquer un code de validation ou un mot de passe par téléphone.Skimming et clonage de carte
Dispositif frauduleux sur distributeur ou terminal de paiement : les pirates copient votre bande magnétique et votre code confidentiel.Malware et infostealers
Chevaux de Troie ou malwares comme Redline s’infiltrent à travers un téléchargement, siphonnant mots de passe, emails, documents et coordonnées bancaires.Fuites de données et bases compromises
Entre janvier et mars 2025, plus de 2,1 millions de comptes français ont été victimes de fuites de données, soit un Français moyen exposé à 10 violations de données en moyenne (Surfshark).Dans le même laps de temps, 2,3 millions de cartes bancaires ont été compromises mondialement, dont 40 000 en France.
Statistiques sur le piratage bancaire en France
- 4,5 milliards € perdus en 2023 par les Français à cause de la fraude bancaire en ligne, avec 43 % des escroqueries provenant de faux conseillers bancaires.
- 2,1 millions de comptes français piratés au 1er trimestre 2025, soit 1006 compromissions pour 100 personnes, contre 280 en moyenne mondiale.
- 13 % des Français reconnaissent avoir déjà été victimes d’une escroquerie ; ce taux grimpe à 16 % chez les –35 ans parce qu’ils reçoivent plus de sollicitations frauduleuses.
Exemples récents de piratages bancaires en France
- Mars 2025 : investigation Kaspersky révèle 2,3 millions de cartes compromises, dont 40 000 françaises, vendues sur le dark web.
- Avril 2025 : fuite massive des données du prestataire Harvest impactant MAIF et BPCE – votre état civil et montants de comptes-titres exposés (Journal du Geek).
- Début 2025 : intrusion chez une filiale de La Poste, fuite de fichiers Kiabi et Thermomix, portant sur plusieurs millions de données client (01net).
- Base Zataz fin 2024 : millions de numéros de cartes divulguées, avec 95 % encore actifs et prêts à être monnayés (The Morning News).
1. Comment opèrent les pirates bancaires ?
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Ils exploitent vos coordonnées (email, numéro de CB, comptes chez EDF, Impôts, Sécurité sociale, etc.) obtenues par phishing, fuite de données ou piratage. Exemple : "Faux courrier de la CPAM : attention à cette nouvelle arnaque sophistiquée".
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Avec un numéro de carte et votre email, ils peuvent effectuer des achats sur des sites peu sécurisés, détourner vos remboursements, accéder à vos comptes en ligne ou usurper votre identité.
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La fin programmée du chèque accentue le recours aux paiements électroniques, où chaque faille ou imprudence peut être exploitée.
L'entreprise qui travaille pour vous (ou plutôt, c'est ce qu'on vous fait croire), vous contacte pour un versement urgent. (Voir "Comment détecter et éviter une fraude aux faux fournisseurs ?")
2. Mesures préventives simples à mettre en place dès maintenant
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Ne communiquez jamais vos codes ou numéros à personne (ni par mail, ni au téléphone, ni par SMS), même face à une apparente urgence ou un “conseiller”.
N'attribuez jamais le même mot de passe à plusieurs applications en utilisant un gestionnaire de mots de passe : Keepass, Bitwarden, 1Password, LastPass ("Plus de mot de passe oublié ! Créer des mots de passe forts. Retrouvez-les facilement").
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Surveillez votre compte régulièrement (via appli ou notifications SMS).
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Vérifiez toujours l’adresse de l’expéditeur avant de cliquer sur un lien dans vos mails ou SMS ; en cas de doute, passez par le site officiel ou appelez le service concerné.
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N’enregistrez pas inutilement vos moyens de paiement sur les sites ou applis.
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Mettez à jour votre smartphone et les applications bancaires pour bénéficier des dernières protections.
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Évitez les réseaux Wi-Fi publics pour vos opérations sensibles.
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Définissez des plafonds de paiement adaptés pour limiter le risque de pertes.
3. 3D Secure : comment ça marche et comment l’activer ?
Le principe
3D Secure (« Verified by Visa », « Mastercard Identity Check ») offre une sécurité renforcée pour les paiements en ligne.Activation :
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Rendez-vous dans l’application ou l’espace client de votre banque, dans la rubrique “Cartes” ou “Sécurité”.
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Repérez « 3D Secure »/« Paiement sécurisé » et activez-le si ce n’est pas déjà fait.comparabanques+2
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Lors d’un paiement en ligne, vous devrez valider avec :
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Soit un code à usage unique (par SMS)
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Soit une notification sur votre appli bancaire (que vous confirmez par code, empreinte digitale ou reconnaissance faciale, selon votre appareil et banque).
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À faire maintenant : Ouvrez l’application de votre banque, cherchez l’option 3D Secure (souvent dans les paramètres de la carte) et assurez-vous qu’elle est bien activée avec vos coordonnées à jour (numéro de mobile notamment).
4. Double identification (authentification forte)
C’est quoi ?
On parle de double identification (ou authentification forte) quand deux éléments sont exigés pour prouver votre identité :-
Quelque chose que vous connaissez (mot de passe, code)
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Quelque chose que vous possédez (téléphone, smartphone avec appli de la banque, boîtier)
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Parfois, quelque chose que vous êtes (empreinte digitale, reconnaissance faciale).
Comment l’activer ?
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La plupart des banques l’activent automatiquement pour tous les paiements sensibles et l’accès à votre espace client.
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Vérifiez dans votre espace sécurisé que l’authentification forte est active.
Parfois, vous devez renseigner/réactualiser votre numéro de mobile, télécharger l’application bancaire ou demander un boîtier physique si vous n’avez pas de smartphone. -
Sur certains comptes en ligne (impôts, fournisseurs), activez la double identification dans les paramètres de sécurité.
5. Outils de contrôle d’identité supplémentaires
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KYC (“Know Your Customer” ou “Connaître son client”) : vérification poussée par les banques et certains services pour détecter les usurpations (scan documentaire, selfie, reconnaissance faciale sur les sites sensibles).
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Solutions biométriques : optez pour l’empreinte digitale, la reconnaissance faciale ou vocale sur l’application de votre banque ou lors de la validation des paiements.
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Préférences de sécurité personnalisées : certains fournisseurs permettent de recevoir une alerte (mail ou SMS) à chaque opération inhabituelle, modification de RIB ou tentative de connexion.
À retenir
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Le 3D Secure et la double identification sont vos meilleures armes contre la fraude.
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Prenez quelques minutes pour vérifier leur activation dans votre banque, sécurisez vos mails/fournisseurs, et surveillez chaque mouvement suspect sur vos comptes.
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En agissant dès maintenant, vous limitez grandement le risque de piratage et gardez la maîtrise de votre argent.
N’hésitez pas à demander à votre banquier ou à un proche de vous aider à configurer ces protections si besoin : c’est en formant un duo vigilance + technologie que vous restez en sécurité.





