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Google My Maps : 8 façons de créer des cartes utiles, créatives et partagées

Nous passons notre vie à traverser des lieux sans toujours les regarder. 

Pourtant, certains d’entre eux racontent déjà une histoire : celle de nos trajets, de nos habitudes, de nos souvenirs ou de nos projets.

Google My Maps permet de donner une forme à cette géographie invisible

Il transforme une simple adresse en repère, un trajet en récit, un quartier en ressource et un ensemble de lieux en véritable projet.

Cet article explore tout ce que vous pouvez créer avec cet outil, au-delà des cartes de voyage et des listes d’adresses.


Voyages, bonnes adresses, souvenirs de famille, projets scolaires, cartes citoyennes ou événements : Google My Maps vous permet d’organiser autrement les lieux qui comptent.

Nous utilisons tous une carte pour trouver une adresse ou préparer un trajet. 

Mais une carte peut devenir bien davantage : une aide pour choisir où vivre, un carnet de voyage, une mémoire familiale, un parcours culturel, une enquête locale ou un outil de coordination.

Avec Google My Maps, une adresse ne reste pas un simple point. Elle peut accueillir une note, une photographie, un lien, une recommandation, une donnée, une consigne ou un souvenir. Les lieux prennent alors du sens parce qu’ils sont reliés à un projet précis.


Une carte personnalisée n’est pas seulement une liste d’épingles : c’est une manière d’organiser, de raconter, de comprendre et de partager.

 

Ce que My Maps permet

Google My Maps permet de créer des cartes personnalisées à partir de repères, de lignes, de zones et de calques. 

Les calques servent à séparer les informations : hébergements, restaurants et visites lors d’un voyage ; logements, transports et écoles dans une recherche immobilière ; ou encore clients, prospects et partenaires dans un cadre professionnel.

Une carte peut rester privée, être partagée avec quelques personnes ou rendue accessible à un public plus large. Avant de la diffuser, définissez qui peut consulter, commenter ou modifier les informations : une carte familiale, un projet de classe, une carte de bénévoles et un guide public ne demandent pas le même niveau d’accès.

Chaque repère peut recevoir un titre, une description, une couleur, une icône, une image ou un lien. L’outil accepte également l’import de données depuis des fichiers CSV, XLSX, GPX, KML, KMZ ou Google Sheets : une liste d’adresses, un relevé de terrain ou un tableau de contacts peut donc devenir une carte exploitable. 

Ce que sont chacun de ces fichiers ?

  • CSV : tableau de données texte, une ligne par enregistrement, valeurs séparées par des virgules ou des points-virgules.
  • XLSX : fichier Excel moderne, avec feuilles, cellules, formules et mise en forme.
  • GPX : fichier XML standard pour traces et points GPS (randonnées, parcours sport).
  • KML : fichier XML pour décrire des lieux, lignes et zones sur une carte (utilisé par Google Earth/My Maps).
  • KMZ : version compressée (zippée) d’un fichier KML, souvent avec images ou pièces jointes incluses.
  • "Google Sheets" est l'équivalent chez Google de l'"Excel" de Microsoft. 

Google My Maps est surtout un outil de préparation et de documentation.

Concevez vos cartes principalement sur ordinateur : le service n’est pas proposé comme application My Maps native sur Android, iPhone ou iPad. Avant de prévoir un jeu de piste, une randonnée ou une visite guidée fondée sur la consultation mobile, testez donc la carte avec les appareils réels de vos participants.


Il faut aussi éviter de le présenter comme un GPS professionnel. 

My Maps aide à préparer un itinéraire, visualiser des étapes et partager des repères, mais il n’est pas conçu pour le guidage en temps réel, l’optimisation d’une tournée complexe ou le suivi d’une flotte.


Huit façons de créer

1. Organiser sa vie

Une carte peut aider à prendre des décisions qui deviennent vite confuses lorsque les informations restent éparpillées entre annonces, favoris, messages et notes de téléphone.

Pour une recherche de logement, placez les biens repérés, puis ajoutez les transports, écoles, commerces, centres de santé, espaces verts, pistes cyclables et lieux de travail. Chaque logement peut comporter le prix, la surface, la date de visite, les défauts constatés et votre impression personnelle.

My Maps est aussi utile pour la vie quotidienne : 

cafés avec Wi-Fi, bibliothèques, fontaines, toilettes publiques, bornes de recharge, parcs ombragés, restaurants accessibles, activités pour enfants, lieux d’allaitement ou services de proximité.

La carte peut enfin servir à donner une place à vos envies : musées à visiter, randonnées à faire, villages à découvrir, restaurants à tester, spectacles à réserver ou défis personnels de l’année.


2. Voyager et explorer

Préparer un voyage ne consiste pas à empiler des idées.

Il s’agit de créer un séjour cohérent, réaliste et suffisamment souple pour laisser une place aux imprévus.

Pour une escapade en voiture, créez un calque par journée, puis ajoutez les hébergements, visites, transports, parkings, restaurants, points de ravitaillement et activités prioritaires. Un calque « options » ou « si nous avons le temps » évite de transformer les vacances en course contre la montre.

Les amateurs de camping-car, de vanlife (vie nomade en fourgon aménagé) peuvent y intégrer les aires de service, campings, laveries, points d’eau, marchés, espaces de coworking et bibliothèques. Les randonneurs, cyclistes, coureurs, surfeurs, grimpeurs ou kayakistes peuvent repérer les départs, parkings, points d’eau, refuges, panoramas, ravitaillements et itinéraires à tester.

My Maps peut également servir à organiser un marathon, une sortie de groupe ou une compétition locale : parcours, points de rendez-vous, ravitaillements, zones d’encouragement et accès pour les accompagnants.

Enfin, une carte intitulée « À moins d’une heure de chez moi » est un excellent moyen de devenir explorateur de sa propre région : villages, plages, jardins, marchés, sentiers, musées et bonnes tables cessent d’être des idées vagues pour devenir des projets possibles.

3. Collectionner ses passions

Une carte peut devenir un atlas personnel. Son objectif n’est pas d’être exhaustive, mais de conserver ce que vous avez aimé, ce que vous cherchez et ce que vous aimeriez découvrir.

Vous pouvez cartographier vos restaurants préférés, cafés, pâtisseries, marchés, producteurs, AMAP, librairies, disquaires, friperies, brocantes, boutiques indépendantes ou lieux de dégustation. L’important est d’ajouter une information personnelle : le plat à goûter, le bon créneau horaire, l’ambiance, le budget, l’accessibilité ou la raison pour laquelle l’adresse mérite d’être retenue.

Cette logique fonctionne également avec l’architecture, le street art, le patrimoine industriel, les cinémas de quartier, les façades remarquables, les arbres anciens, les jardins, les lieux d’observation des oiseaux, les panoramas, les spots photo ou les sites éloignés de la pollution lumineuse.

Les photographes et vidéastes peuvent créer une carte de repérage : rues graphiques, vues sur la mer, décors pour une interview, lieux couverts en cas de pluie, endroits calmes pour enregistrer du son ou sites où la lumière est intéressante à certaines heures.

Pour les lieux fragiles, les propriétés privées, les bâtiments dangereux, les sites de cueillette ou les espèces rares, gardez la carte privée ou indiquez une zone générale plutôt qu’un emplacement précis.

4. Conserver et transmettre

Les souvenirs sont presque toujours liés à des lieux : une maison d’enfance, une gare, une école, une plage, un premier appartement, un village familial ou un restaurant associé à une rencontre.

Une carte sentimentale peut raconter l’histoire d’un couple : 

premier rendez-vous, voyages, déménagements, lieux de fête et projets à venir. Une carte biographique peut relier les maisons habitées, les études, les emplois, les villes de jeunesse et les étapes qui ont marqué une vie.

La généalogie prend aussi une autre dimension lorsqu’elle devient géographique. 

Placez les lieux de naissance, de mariage, de résidence, de travail, de migration ou de sépulture. Ajoutez des photographies, lettres, actes, cartes postales, archives ou souvenirs transmis oralement.

Une carte peut également préserver la mémoire d’un quartier : anciens commerces, cinémas disparus, friches, usines, cafés, bâtiments réhabilités, lavoirs, fontaines, rues transformées et témoignages d’habitants.

Ces projets demandent une attention particulière à la confidentialité. Ne rendez pas publiques les adresses privées, les données concernant des enfants, les informations familiales sensibles ou les documents que les personnes concernées ne souhaitent pas partager.

5. Créer et jouer

Les lieux peuvent devenir les chapitres d’une histoire. Une carte permet de suivre les décors d’un film, les villes d’un écrivain, les adresses citées dans des chansons, les salles de concert importantes ou les lieux de vie d’un artiste.

Vous pouvez créer un parcours de ciné-tourisme, une balade littéraire, une carte de musique locale, une visite consacrée au street art ou un itinéraire sur les traces d’un personnage historique. Chaque repère peut contenir une anecdote, une photographie, une citation, une archive ou un lien vers une vidéo.

La carte peut aussi devenir sonore. 

Associez certains lieux à des témoignages, des ambiances de rue, des archives audio, des extraits de podcast, des musiques ou des sons de la nature. Un port, un marché, une gare ou une cour d’école racontent une autre histoire lorsqu’on prend le temps de les écouter.

Enfin, Google My Maps convient parfaitement aux chasses au trésor, enquêtes urbaines, murder parties, jeux de rôle grandeur nature et parcours pédagogiques. Une énigme placée dans la description d’un repère mène les joueurs vers l’étape suivante.

Le GPS Drawing obéit à une logique plus sportive et graphique : vous dessinez une forme sur la carte avant de la parcourir à pied, à vélo ou en courant. L’essentiel est de garder un tracé cohérent, sûr et respectueux des lieux.

6. Apprendre et enquêter

Une carte n’explique pas tout, mais elle aide à poser les bonnes questions. 

En histoire, elle permet de suivre des batailles, migrations, routes commerciales, exils, voyages, lieux de mémoire ou parcours de personnages.

En géographie, elle aide à observer les transports, commerces, équipements, espaces verts, inégalités d’accès aux services et transformations urbaines. En sciences, elle peut localiser les arbres, oiseaux, plantes, zones humides, dépôts sauvages, îlots de chaleur, points d’eau ou espèces invasives.

Vos amis (ou vos élèves) peuvent construire une carte collective : 

un calque par groupe, un thème par équipe et une règle commune pour les titres, sources, images et descriptions. L’exercice développe la capacité à rechercher, vérifier, classer et restituer une information.

My Maps peut également donner une dimension territoriale à un tableur : 

commerces, équipements sportifs, associations, résultats de sondage, lieux culturels, services publics, demandes d’habitants ou points de collecte. Une liste devient plus lisible lorsqu’elle révèle une répartition, une concentration ou une absence.

Pour un blog ou un média local, la carte peut servir de support de reportage

chantiers, commerces qui ferment, transformations de quartier, lieux de mémoire, ressources solidaires ou témoignages d’habitants deviennent plus faciles à relier et à comprendre.

7. Agir localement

Une carte partagée peut rendre visibles les ressources qui existent déjà dans un quartier : 

composteurs, jardins partagés, boîtes à livres, grainothèques, repair cafés, ressourceries, frigos solidaires, magasins en vrac, fontaines, défibrillateurs, lieux de dons et associations.

Elle peut aussi documenter les difficultés :

trottoirs dégradés, obstacles PMR, pistes cyclables interrompues, rues mal éclairées, zones sans ombre, dépôts sauvages, absence de bancs ou équipements manquants.

Ces cartes sont d’autant plus utiles qu’elles sont construites avec les personnes concernées. 

Un parent avec poussette, une personne âgée, un cycliste, une personne en fauteuil roulant et un adolescent ne vivent pas la rue de la même manière.

La carte peut aussi accompagner un projet d’urbanisme : réaménagement d’une place, nouvelle piste cyclable, travaux, projet de tramway, budget participatif, commerces en mutation ou zones à végétaliser.

Distinguez toujours les faits, les observations et les opinions. 

Vérifiez les informations pratiques, ajoutez une date de mise à jour et évitez toute formulation qui stigmatiserait un quartier ou ses habitants.

8. Travailler et coordonner

Pour un indépendant, une association ou une petite entreprise, My Maps peut devenir un tableau de bord territorial.

Clients, prospects, fournisseurs, partenaires, lieux de rendez-vous, zones de livraison, points de vente et événements apparaissent enfin dans une vue d’ensemble.

Les créateurs de contenus peuvent y réunir les lieux d’interview, décors vidéo, sujets de reportage, sites à photographier, chantiers à suivre et événements locaux. Les petites équipes peuvent aussi cartographier bâtiments, accès, équipements, interventions, chantiers et lieux de stockage, à condition de réserver ces données à un partage privé.

Enfin, une carte facilite l’organisation d’un mariage, d’un festival, d’un salon ou d’un séminaire :

 lieux, hôtels, gares, parkings, navettes, restaurants, entrées, sanitaires, scènes, stands, bénévoles et prestataires.

Dans tous ces cas, adaptez la carte à son public. 

Les invités n’ont pas besoin de connaître les accès techniques. Les bénévoles ont besoin d’informations différentes des visiteurs. Une carte claire est une carte qui ne montre à chacun que ce qui lui est utile.


Créer une carte utile

Avant d’ajouter le premier repère, formulez votre intention en une phrase : « Je veux préparer un voyage », « Je veux raconter mon histoire familiale » ou « Je veux recenser les ressources de mon quartier ».

Ensuite, suivez cette méthode :

  1. Créez un titre clair et concret.
  2. Limitez-vous à trois ou cinq calques au départ.
  3. Choisissez des couleurs et icônes cohérentes.
  4. Ajoutez une phrase utile à chaque repère.
  5. Distinguez les lieux vérifiés des idées à confirmer.
  6. Décidez qui pourra consulter ou modifier la carte.
  7. Mettez à jour les informations après un voyage, une visite ou un événement.

Évitez la carte fourre-tout. 

Google My Maps est limité à 10 000 éléments par carte et à 2 000 éléments par calque ; pour un très grand inventaire, mieux vaut répartir les données ou choisir un outil plus adapté. 


Huit projets à lancer

La carte logement. Objectif : comparer des appartements sans perdre de vue votre quotidien. Créez quatre calques, logements, transports, services, lieux importants, puis ajoutez à chaque bien le prix, la date de visite, le temps de trajet et votre impression personnelle.

Le road-trip. Prévoyez un calque par journée, un calque pour les hébergements et un autre pour les idées facultatives. Notez réservations, parkings, horaires et solutions de repli.

Le city-guide. Organisez vos bonnes adresses par catégories : manger, boire un café, lire, flâner, travailler, sortir ou emmener des enfants. Ajoutez une recommandation personnelle à chaque lieu.

La carte familiale. Placez les maisons, écoles, villages, lieux de travail, voyages et événements marquants. Enrichissez chaque point avec une image, une date ou une anecdote.

Le jeu de piste. Choisissez huit lieux accessibles et intéressants. À chaque étape, ajoutez une énigme, un détail à observer ou une photo qui mène vers le repère suivant.

L’enquête scolaire. Répartissez les élèves par thèmes : commerces, transports, biodiversité, patrimoine ou accessibilité. Exigez un titre clair, une observation, une source et une photo utile.

La carte solidaire. Recensez fontaines, composteurs, ressourceries, associations, lieux de dons et services d’aide. Indiquez horaires, date de vérification et conditions d’accès.

La carte événementielle. Séparez les informations destinées aux invités de celles réservées à l’organisation. Hébergements, parkings, gares et navettes doivent rester immédiatement visibles.


Questions fréquentes

Google Maps ou My Maps ?

Google Maps sert surtout à rechercher un lieu et à calculer un trajet. Google My Maps sert à concevoir et partager vos propres cartes, avec vos catégories, informations et calques.

Peut-on créer une carte sur téléphone ?

Il est préférable de créer et modifier la carte sur ordinateur. Testez toujours l’expérience mobile si votre projet implique des déplacements, une classe, une randonnée ou un jeu de piste.

Peut-on importer un fichier ?

Oui. Vous pouvez importer une liste d’adresses ou des données depuis un tableur, un fichier CSV, une trace GPX, un fichier KML/KMZ ou Google Sheets. Pour les imports volumineux, préparez des lots de données propres et cohérents.

Peut-on utiliser My Maps comme GPS ?

My Maps sert surtout à préparer un parcours et à partager des étapes. Pour le guidage en direct, prévoyez un outil de navigation adapté.

Peut-on partager une carte privée ?

Oui. C’est même recommandé pour les données familiales, professionnelles, logistiques ou liées à des personnes vulnérables.

Conclusion

Google My Maps ne remplace ni un GPS, ni un tableur, ni un logiciel professionnel de cartographie. Sa force est ailleurs : il permet de relier des lieux au sens que vous leur donnez.

Commencez avec une intention claire, trois calques et dix repères. Votre carte pourra ensuite évoluer avec vos découvertes, vos projets, vos souvenirs et les personnes avec lesquelles vous choisirez de la partager.


Autres applications à utiliser dans vos randonnées :